La reproduction

Déroulement :

image28Au cours de leur remontée en eau douce, la maturation sexuelle des saumons se poursuit et s’achève. Les caractères sexuels externes se marquent de plus en plus. La robe des saumons, d’abord argentée, se colore pour devenir plus vive (rose, rouge, orangée, pour le mâle et plus terne pour la femelle). La mâchoire inférieure du mâle se courbe vers le haut pour former un bec, d’où son nom de bécard.

Les poissons sont dès lors prêts à se reproduire. La température de l’eau est le facteur déclenchant. Pour déposer ses œufs, la femelle cherche une zone qui lui semble favorable en matière de vitesse de courant et de granulométrie. Lorsque la femelle est prête et qu’elle a constitué une frayère, le mâle le plus proche et le plus vigoureux assure la reproduction.

Pour le bassin du Rhin, on estime que la plupart des géniteurs (90%) vont mourir naturellement d’épuisement après le frai. Les survivants appelés charognards (ou kelts) cherchent à rejoindre la mer pour se refaire une santé et revenir une seconde fois en vue de la reproduction. Plus les saumons sont grands et forts, plus le rendement de la reproduction est important car une femelle de saumon est capable de pondre environ 1 700 œufs par kilos de son propre poids.

La frayère : 

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Frayère de saumon

Lorsque l’emplacement est choisi, la femelle commence à creuser une frayère en battant de la queue le lit de la rivière. Une fois la cuvette constituée, mâle et femelle se mettent côte à côte, vibrent frénétiquement en ouvrant la gueule et expulsent respectivement œufs et laitance. En tombant dans le trou réalisé par la femelle, les œufs sont fécondés. Après cela, la femelle recouvre la ponte de galets provenant de l’amont afin de les protéger des prédateurs et de la lumière. Les œufs sont ainsi oxygénés en permanence par l’eau qui traverse les graviers d’où l’importance du substrat grossier. S’il était sablonneux, la frayère se colmaterait et étoufferait les œufs.

La frayère se caractérise, dans le sens d’écoulement du courant, par une cuvette suivie d’un petit dôme sous lequel sont abrités les œufs. En hiver, les frayères de salmonidés migrateurs sont aisément repérables, généralement de un à deux mètres de circonférence. Les galets déplacés et retournés de la frayère se démarquant au fond de la rivière, beaucoup plus sombre

Il a été mis en évidence depuis 1995 que des reproductions naturelles de saumons se déroulent sur la Bruche. Chaque année à la même période, des comptages de frayères de grands salmonidés sont réalisés.