Repeuplement

Auparavant, le Rhin était un fleuve salmonicole où plusieurs centaines de milliers de saumons remontaient (maximum référencé à 250 000 en 1885 ; CIPR, 1999). Une multitude de facteurs tel la canalisation du Rhin entrainant une perte d’habitat, la pollution des eaux due au développement industriel, ou encore la construction de barrages, a entrainé la disparition du saumon sur le fleuve.


A la suite de la catastrophe chimique de Bâle en 1986, qui décima une partie des poissons et des micro-organismes jusque dans le Rhin inférieur, la CIPR (Commission Internationale pour la Protection du Rhin) publia un « Programme d’Action Rhin », dont un des axes, « Saumon 2000 », précisait les objectifs généraux et les mesures de restauration et de protection du Rhin. Il visait principalement la réduction des rejets de polluants et l’amélioration des structures de biotopes afin de permettre la réimplantation des poissons migrateurs. Le programme est un vrai succès, en effet, en 1994 les premières frayères sont trouvées sur la Sieg (Rhin Inférieur) et en 1995 un saumon remonte jusqu’à Iffezheim (Rhin Supérieur). A la vue de ces résultats prometteurs, un nouveau programme « Rhin 2020 » est adopté en 2001 afin de poursuivre les efforts. Ce dernier précise les objectifs en termes de qualité, de quantité, de superficie et d’échéance. Il se décline en 4 enjeux principaux :

  • Le retour des saumons dans le Rhin par milliers ;
  • Assurer la libre migration des saumons jusqu’à Bâle ;
  • Relancer par alevinage le cycle de reproduction ;
  • Développer une population naturelle ;

La souche Allier est privilégiée pour sa capacité à produire des géniteurs de grande taille (séjournant 2 à 3 hivers en mer) adaptés aux longues migrations comme l’était l’ancienne souche rhénane. Pour obtenir des alevins de souche Allier, une partie des œufs est importée depuis la salmoniculture de Chanteuges (Conservatoire National du Saumon Sauvage) puis élevée dans les piscicultures partenaires. Une autre partie des œufs est produite par deux piscicultures alsaciennes à partir de géniteurs enfermés, ou de géniteurs sauvages capturés par piège, que l’on nomme de « souche Rhin ».

Deux stades sont privilégiés sur le bassin du Rhin:

Stade vésicule résorbée (2 à 3 cm) : correspond au stade non nourri de l’alevin (fin de résorption de la vésicule vitelline). Les alevinages précoces à ce stade semblent bien adaptés aux cours d’eau qui connaissent un réchauffement rapide de l’eau au début du printemps. Les juvéniles relâchés trouvent ainsi rapidement la nourriture nécessaire à leur croissance.

Le stade alevin nourri pré-estival (3 à 6 cm) : alevins nourris en pisciculture pendant 2 à 5 mois. Les repeuplements à ce stade sont généralement réalisés entre fin mai et début juillet sur les rivières ayant un réchauffement relativement lent. La température de l’eau permet le développement de la microfaune nécessaire à la nourriture des juvéniles de saumon.


Les différentes opérations de repeuplement sont coordonnées et réalisées par l’Association Saumon-Rhin. Nos partenaires, la SCEA Saumon du Rhin ainsi que la Petite Camargue Alsacienne, participent au programme depuis son origine en tant que site d’élevage.

Le choix des sites d’alevinage est fonction de leur potentiel d’accueil, des taux de survie et de la croissance qui y ont été observés lors des pêches à l’électricité antérieures, des difficultés de franchissement à la dévalaison (usines hydroélectriques) ainsi que de l’ordre de priorité inscrit dans le Le PLAn de GEstion des POissons Migrateurs (PLAGEPOMI) Rhin Meuse en cours.